Une deuxième chance pour le Vietnam?

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Une deuxième chance pour le Vietnam?

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(l'Express/l'Expansion du 04/05/2012) Carrefour naturel de l'Asie, le pays veut attirer les investisseurs.   

 

L'ouverture du pays au milieu des années 1990 avait suscité l'espoir chez les investisseurs occidentaux, finalement déçus par les difficultés rencontrées dans ce pays toujours dirigé par le parti communiste : manque de transparence, poids de la bureaucratie, absence d'infrastructures. Aujourd'hui, les choses bougent et le moment est venu de redonner une deuxième chance au Vietnam.
Fondamentalement, le pays a de nombreux atouts pour séduire les investisseurs : géographiquement, il est proche d'importants marchés comme l'Inde ou la Chine. Les Vietnamiens sont réputés pour leur grande capacité de travail et leur sens de l'entrepreneuriat, et le coût du travail y est plus faible qu'en Chine ou qu'en Thaïlande. La population est jeune (la moitié a moins de 35 ans), instruite (le taux d'alphabétisation est de 90%) et en pleine croissance : avec 90 millions d'habitants aujourd'hui, elle devrait augmenter de 20 millions d'ici à 2035. Le Vietnam jouit en outre d'un environnement politique stable, un avantage concurrentiel s'il en est !
Tirée par une demande intérieure importante et des exportations dynamiques, la croissance du PIB est forte : 7,3% par an en moyenne entre 2001 et 2010. La crise de 2008 a affecté le pays, mais sensiblement moins que ses voisins, grâce à une forte demande intérieure et des exportations dynamiques. En 2011, la croissance s'est établie à +6,8%. Le Vietnam a adhéré en 2007 à l'OMC.
La nouveauté aujourd'hui, c'est que le Gouvernement semble enfin vouloir s'attaquer aux obstacles qui décourageaient les investisseurs étrangers. Parmi eux l'inflation, persistante au Vietnam. Depuis le début 2011, des mesures d'austérité ont été prises par la banque centrale qui font déjà sentir leurs effets. Après avoir atteint des records ces dernières années, le taux d'inflation devrait se situer à +11,2% en 2012.
Le développement des infrastructures, largement insuffisantes, est une autre priorité du Gouvernement. Le ministère du Plan a débloqué sur la période 2009/2016 un budget de 12 milliards de dollars pour 60 projets (routes, transports publics, eau) dans 15 régions du pays. La Banque asiatique de développement vient d'accorder un prêt important pour la construction d'un métro à Hanoi, la capitale du pays.
Pour améliorer le climat de confiance nécessaire aux investissements étrangers, les autorités entendent réduire de 30% le poids de la bureaucratie ('Project 30').
Dernier chantier : la reprise de la privatisation des entreprises publiques, qui ne trouvent plus auprès du gouvernement l'argent dont elles ont besoin, est une opportunité réelle pour les étrangers.
" La réussite ou non de ces réformes sera le principal critère qui permettra de restaurer la confiance des investisseurs ", analyse Trinh D Nguyen, économiste à HSBC Global Research. A suivre...

 

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