Au Vietnam, le combat contre la corruption s’est accéléré

Vous êtes ici : Actualité » Société » Au Vietnam, le combat contre la corruption s’est accéléré

Société

Au Vietnam, le combat contre la corruption s’est accéléré

Au Vietnam, le combat contre la corruption s’est accéléré
Agrandir le texte
Réduire le texte
Imprimer
Envoyer à un ami

Le secrétaire général du parti communiste vietnamien, Nguyen Phu Trong, s’exprime lors la 21ème réunion du Comité central de pilotage sur la prévention et la lutte contre la corruption et les phénomènes négatifs, à Hanoï (Vietnam), le 20 janvier 2022. - Photo: noichinh.vn

Le combat contre corruption s’est accéléré au Vietnam et n’épargne désormais ni les grands patrons du privé ni les hauts fonctionnaires.

Société privée vietnamienne spécialisée dans l’équipement médical, Viet A Technology a décroché, en février 2020, une bourse d’Etat pour mettre au point, avec l’Académie de médecine militaire, un test de détection du Covid-19 « made in Vietnam ». Le ministère des sciences et des technologies, qui a accordé ladite bourse, annonçait, deux mois plus tard, que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait validé l’usage du test. La presse vietnamienne a encensé Viet A, qui a même reçu, en 2021, une médaille du travail du président. Malgré l’âpre concurrence des produits importés, notamment de Chine, l’entreprise engrange des bénéfices substantiels, car le pays de cent millions d’habitants teste à tout va.

Cependant, fin 2021, son patron a été arrêté pour avoir artificiellement gonflé les prix de ses tests de 35 %, et versé des pots-de-vin à des responsables de centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) provinciaux. En outre, la validation par l’OMS n’a jamais eu lieu. Depuis, l’enquête, menée tambour battant par l’agence anticorruption du Parti communiste vietnamien (PCV), appelée Comité central de pilotage sur la prévention et la lutte contre la corruption et les phénomènes négatifs, a fait tomber près de soixante personnes.

Parmi celles-ci se trouvent des fonctionnaires, des militaires, des chercheurs, des hommes d’affaires, ainsi que le ministre de la santé, Nguyen Thanh Long, et le président du Comité populaire de Hanoï (l’équivalent du maire), Chu Ngoc Anh, responsable de divers abus et violations des règles alors qu’il était ministre des sciences et des technologies (jusqu’en 2020). Tous deux ont été arrêtés après avoir été préalablement expulsés du parti.

L'affaire, surnommée "la bombe Viet A" dans la presse nationale, est la dernière d'une série d'enquêtes très médiatisées qui ont révélé des pratiques de corruption et, plus généralement, les relations toxiques entre le monde des affaires et certains organismes publics ou instances de régulation. Mi-avril, le vice-ministre des Affaires étrangères a été arrêté pour avoir accepté des pots-de-vin liés à l'affaire du "vol de sauvetage" de Vietnamiens bloqués à l'étranger pendant la crise sanitaire.

Un vice-ministre de la Santé a été condamné en mai à quatre ans de prison pour avoir autorisé des médicaments contrefaits. Dans l'armée, l'ex-commandant en chef des garde-côtes ont été arrêtés en avril pour détournement de fonds. Dans le secteur privé, plusieurs patrons de conglomérats ont été arrêtés pour manipulation boursière, dont le fondateur du groupe FLC, qui détient la troisième compagnie aérienne du pays, Bamboo Airways, et le patron du groupe immobilier Tan Hoang Minh.

Les affaires de corruption et les cas négatifs révélés ces derniers temps sont liés en majorité au domaine "économique". Pendant la période où tout le pays essaie de mettre en œuvre de nombreuses solutions drastiques pour se redresser et se développer socio-économiquement après une longue période de Covid-19, la corruption freine la croissance économique, nuit à l’état de droit et entraîne un gaspillage de compétences et de précieuses ressources. Lorsque la corruption est omniprésente, les entreprises hésitent à investir face au coût nettement plus élevé de l’activité économique.

Dans l'affaire, surnommée "la bombe Viet A", la corruption détourne des fonds destinés aux services essentiels que sont notamment la luttte contre le Covid et les soins de santé. La corruption constitue une entrave majeure à la capacité du gouvernement à satisfaire les besoins fondamentaux des citoyens.

(Sources info: lemonde.fr & tuoitre.vn)

Nouveau Envoyer à un ami