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30 AVRIL 1975: CHUTE (OU LIBÉRATION) DE SAIGON - La télévision comme champ de bataille

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30 AVRIL 1975: CHUTE (OU LIBÉRATION) DE SAIGON - La télévision comme champ de bataille

30 AVRIL 1975: CHUTE (OU LIBÉRATION) DE SAIGON - La télévision comme champ de bataille
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Août 1965. Après avoir soupesé le pour et le contre, la haute direction du réseau américain CBS autorise la diffusion d’un reportage de Morley Safer montrant des marines qui utilisent leurs Zippo pour mettre le feu aux toits de chaume des huttes du village de Cam Ne. Le commentaire du journaliste évoque de mauvais traitements subis par les villageois, des civils.

« Cette histoire n’aurait jamais passé la censure de la Deuxième Guerre mondiale ou de la guerre de Corée et elle a suscité une réaction de colère du président Lyndon Johnson, peut-on lire dans Vietnam on Television, une analyse diffusée sur le site du Museum of Broadcast Communications (MBC) de Chicago. En 1968, lors de l’offensive du Têt, les téléspectateurs de NBC ont vu le colonel Nguyen Ngoc Loan brûler la cervelle d’un prisonnier dans les rues de Saigon. En 1972, lors de l’offensive nord-vietnamienne du printemps, le public a vu les conséquences des bombardements au napalm quand des avions sud-vietnamiens ont confondu leurs propres civils avec des troupes nord-vietnamiennes en fuite. »
 
Saigon (qui deviendra Hô Chi Minh-Ville) est tombée (ou a été libérée) le 30 avril 1975, il y a donc exactement 40 ans jeudi. La guerre du Vietnam a été le premier conflit largement télévisé de l’histoire, la première « living-room war ». Le média hypermoderne s’était largement popularisé dans les années 1960. Entre 1965 et 1975, le bureau de Saigon était le plus grand des réseaux après leurs permanences de Washington et de New York.
 
Les images comme celles décrites plus haut constituaient en fait l’exception plutôt que la règle. N’empêche, le rappel télévisuel incessant de la guerre a-t-il joué un rôle dans le conflit, son déroulement et sa fin ? La télé a-t-elle fait perdre la guerre aux Américains en stimulant le mouvement pacifiste ?
 
« C’est un facteur parmi d’autres,répond Christopher Goscha, professeur d’histoire de l’UQAM, spécialiste de la guerre du Vietnam et de l’Asie du Sud-Est. Les historiens savent que plusieurs facteurs ont joué. Mais il est vrai que c’était une guerre très médiatisée entre 1965 et 1975 et que tout le monde avait déjà une télé aux États-Unis à l’époque. C’est une grande différence avec la guerre de Corée, entre 1950 et 1953. Il n’y a donc pas de doute que la télé a joué un rôle. »
 
Un temps de cochon
 
D’autres formes médiatiques aussi. La presse écrite et les magazines d’informations encore surpuissants inondaient le pays-continent de reportages. Les documentaristes en rajoutaient. Le professeur cite In the Year of the Pig, travail d’Emile de Antonio en nomination pour un Oscar en 1968. Le montage insère des entrevues avec des politiciens ou des militaires dans un flot d’images sur la cruauté du conflit en pleine escalade.
 
Les documentaristes comme les reporters de guerre jouissent alors d’une enviable liberté de couverture. L’armée ne censure presque plus les productions — contrairement à l’époque de la Deuxième Guerre mondiale ou maintenant —, alors que les techniques, sinon de contrôle au moins d’influence, de la presse s’amplifient.
 
Tout cela dit, il ne faut pas non plus confondre l’effet et la cause. Les médias ont surtout accompagné l’opinion majoritaire des Américains, d’abord favorable à l’intervention, puis opposée à celle-ci après l’offensive du Têt en 1968.
 
« Au début, la société est pour la guerre. Les journalistes aussi. Ils la croient juste. Je pense que la perspective bascule à partir du Têt, du napalm, des bombardements massifs. Les plus importants journalistes commencent alors à critiquer la politique de Johnson et de Nixon après. […] Il ne faut pas oublier que la critique de la guerre et du gouvernement venait de plusieurs endroits. Le scandale du Watergate et les problèmes de Nixon amplifiaient le manque de légitimité. Les manifestations se développaient sur les campus. La contre-culture s’infiltrait dans les mentalités. »
 
La journaliste américaine Frances FitzGerald va synthétiser ce zeitgeist dans Fire in the Lake : The Vietnamese and the Americans in Vietnam (1972), qui recevra un prestigieux prix Pulitzer. Des films de fiction comme Platoon ou Born on the 4th of July vont aussi dans ce sens.
 
« La gauche progressiste vient dire que cette guerre est illégitime et que les Américains combattent des nationalistes, plutôt que des communistes, résume le spécialiste. Après 1975, les Américains vont accuser le coup de la défaite, élire le président Carter, se replier. La relance idéologique autour du conflit et de l’anticommunisme se fera sous Reagan, dans les années 1980. Lui et ses théoriciens vont revaloriser le conflit comme une lutte anticommuniste juste et valable qu’il faut alors poursuivre contre les Soviétiques en Afrique et en Amérique du Sud. »
 
Lire la guerre
 
Ces deux perspectives continuent de s’opposer. La lecture dite orthodoxe, née pendant la guerre, critique le bien-fondé de la guerre du Vietnam ou du conflit en Irak. Les révisionnistes défendent l’interventionnisme, encore aujourd’hui.
 
Christopher Goscha appartient à une troisième vague historiographique, plus jeune et plus ouverte aux perspectives des deux camps. Américain d’origine, diplômé de l’École des hautes études en sciences sociales de Paris, il a vécu et travaillé en Asie pendant des années. Il parle vietnamien et il a épluché les archives sur la guerre du Vietnam.
 
« Mes collègues et moi proposons une lecture plus nuancée, pas en noir et blanc. Nous utilisons des sources vietnamiennes pour montrer que les communistes étaient pour quelque chose dans cette affaire. Nous proposons une lecture plus critique par rapport à Hanoï et plus nuancée quant au rôle joué par les Français et les Américains dans ce très long conflit. »
 
La guerre des 10 000 jours ne stimule que très peu de commémoration médiatique quatre décennies après la fin du conflit. De même, il y a quelques jours, le quarantième anniversaire de la prise de la capitale cambodgienne Phnom Penh par les Khmers rouges le 17 avril est passé sous le radar médiatique occidental.
 
 
http://www.ledevoir.com/culture/television/438276/30-avril-1975-chute-ou-liberation-de-saigon-la-television-comme-champ-de-bataille
 
 

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