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"Pourquoi le Dieu omniscient n'est-il pas intervenu pendant la guerre du Vietnam ?"

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C'était en octobre 1985. J'étais assis sur un banc, à Santa Monica, face au Pacifique. L'océan était gris, le ciel aussi. Des vétérans de la guerre du Vietnam étaient venus me parler quelques jours plus tôt, et tous se demandaient ce qu'ils avaient été faire là-bas. La conversation avait été déprimante, et l'inutilité de cette guerre au loin était manifeste. Le cinéma commençait à s'intéresser à ce conflit pourri, quelques livres se mettaient à paraître, et toutes les couvertures étaient illustrées de la même façon: un casque renversé, troué d'une balle. En France le livre de Stanley Karnow, «Vietnam: a History» qui résumait cette guerre, avait été fortement coupé par l'éditeur (Presses de la Cité), on ne sait pourquoi. Mon patron, Jimmy Goldsmith, avait fait une colère en lisant mon article dans «L'Express», qui, selon lui, était un ramassis «d'échos de chiottes» (il me l'a écrit. J'ai gardé sa note, désormais encadrée). Le vent du large sentait la bière éventée, le poisson mort et les péchés anciens. Désemparé, j'ai ouvert le «Village Voice» et j'ai commencé à lire un article intitulé «City of Calamity», qui débutait par ces mots: «For days, the sirens never stopped. The ambulances came screaming down the Paseo de la Reforma...», et qui était imprimé sur quatre pages grand format. L'auteur décrivait Mexico, une ville en ruines, brisée par le tremblement de terre de terre de septembre, où des amis avaient disparu, des écoles s'étaient effondrées, des musées s'étaient fracturés et où les misérables des bidonvilles erraient, dans des rues de poussière. Je ne savais pas qui était Pete Hamill. Mais son article est resté dans ma mémoire, comme un riff du désespoir. Il y avait là une telle force, une telle générosité, une telle plume... Depuis, j'ai lu tous ses livres, ses scénarios, ses romans, ses recueils, ses essais. Tout. C'est lui qui a révélé que Gene Krupa, le batteur le plus légendaire de l'histoire du jazz, avait un métronome intime: il répétait dans sa tête, en litanie, une phrase: «lyonnaise potatoes and some pork chops». Prononcez: «lyyyy-oh-naise-p'taytas an' some pork chops, yeah». Rien que pour ça, Pete Hamill mérite de rester journaliste à la droite de l'Ange Gabriel, quand le moment sera venu (il a 82 ans aujourd'hui). Gabriel, tu m'entends? Le blues du Pacifique gris Irlandais à mort, alcoolique par à-coups, reporter d'enfer, Pete Hamill s'est construit un personnage: une liaison à haute visibilité avec Shirley McLaine, une bande de copains bruyants, des virées au Hoolihan Bar (sciure, tables cirées et cabines téléphoniques en bois), une amitié incroyable avec Frank Sinatra, et c'est lui qui a retiré des mains de Sirhan Sirhan l'arme qui a servi à tuer Robert Kennedy. Il a écrit des livres inoubliables: «Irrational ravings» (1971), «The Invisible City» (1980), «Piecework» (1996) et «Why Sinatra matters» (1999). L'un d'entre eux porte, en sous-titre: «Writings on men and women, fools and heroes, lost cities, vanished friends, small pleasures, large calamities and how the weather was». C'est tout lui, ça, comment était la météo. Curieusement, son premier bouquin, «A Killing for Christ», n'a jamais été traduit. C'est un polar mélancolique, publié en 1968, qui raconte la préparation d'un attentat contre le pape. L'esprit meublé par les lectures de John Dos Passos, Robert Louis Stevenson et Alexandre Dumas (mais aussi fan de Babar), Pete Hamill raconte, dans ce livre, le cheminement d'un assassin, mais aussi, dit-il, «la perte de la foi, la foi religieuse, érodée par la désillusion et par l'Histoire». Cinquante ans plus tard, dans la préface de la réédition de «A Killing for Christ», il demande: «Il était où le Dieu du pardon, le Dieu omniscient, pendant la Shoah? Et pourquoi n'est-il pas intervenu pendant la guerre du Vietnam?» La foi évaporée, il ne reste qu'une chose possible: écrire, écrire encore. «Et faire en sorte que la prose ressemble à de la musique». Cette musique-là, c'est le blues du Pacifique gris qui m'est resté fiché dans le cœur. Et même si c'est l'écho des chiottes, je prends. https://bibliobs.nouvelobs.com/polar/20180420.OBS5528/pourquoi-le-dieu-o...

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