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Good morning Vietnam

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Good morning Vietnam

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A quelques jours de la fin de mon passage en Asie et avant de rejoindre les Amériques, c’est sous une paillote face à la mer au milieu de la nuit malaisienne sur ce petit paradis que sont les îles Perenthian que j’écris cet article. Jolie nuit pour revenir sur une des étapes marquantes de ce voyage que représente la découverte du pays de mes parents : le Viêtnam.

La double culture, ou naître le cul entre deux chaises.

Rembobinage. Aussi frenchy que je suis (et qui plus est du Sud-Ouest avec son lot fromage – charcut’-  vin – huîtres – pâté qui est inclus), j’ai la tête de mes parents, originaires du Viêtnam et partis construire une nouvelle vie en France peu après 1975 lorsque Saigon tomba aux mains des communistes du Nord. Je suis née comme ça, le cul entre deux chaises.

100% française, +30% viêtnamienne, 130 % hybride dans la tête. Alors on a beau dire que la mixité c’est gééééénial, quand t’es ado et que tu te façonnes déjà une identité, en avoir deux, ça complique les choses. Loin de renier pour autant mes origines, pendant bien longtemps, aller au Viêtnam n’était pas à l’ordre du jour et il m’a fallu attendre 26 années pour me décider à fouler les terres vietnamiennes. Cela commençait par Dien Bien Phu, juste de l’autre coté de la frontière laotienne. Symboliquement, c’est quelque chose lorsqu’on a face à soi et sous ses pieds ses deux pays, dans cette ville qui a été le théâtre de la bataille marquant la fin de la colonisation française au Vietnam en 1954.

L’Asie était le point de départ de ce tour du monde, et passer par là sans se rendre au Viêtnam, cela aurait été comme manger du fromage de brebis sans confiture de cerises.

« Get back to where you once belonged »

Et puis voilà, ce 24 avril 2015 nous y sommes enfin, après trois semaines nature et sport passées au Laos avec William et Anaïs pour me familiariser avec l’ambiance de l’Asie du Sud-Est. Quelques jours auparavant, attablés dans un bar laotien niché dans les arbres, la chanson des Beatles « Get back to where you once belonged » résonne. Tu sais, ces moments où il est bon de voir des signes partout où ça nous fait plaisir de les voir.

Boun Neua, nord du Laos. J’embarque dans le petit van vieillot qui me mènera au pays par voie terrestre et pour la première fois, au terme d’une dizaine d’heures de bus cap vers l’est. Personne ne me répond, n’a l’air de me comprendre et de vouloir me comprendre quand je demande si nous allons bien à Dien Bien Phu – réaction très courante au Laos lorsque les habitants ont affaire à des touristes leur parlant anglais : ils ne répondent tout simplement pas, soit par incompréhension, ou bien par peur de perdre la face car ils ignorent la réponse. Excédée, je m’énerve alors et repose la même question, cette fois-ci en vietnamien, sous le regard hébété des quelques voyageurs viets présents qui me renseignent alors. Oui, nous allons bien au Viêtnam.

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Salut, je débarque par la jungle.

Ma première image de ce pays n’a pas été le check-in de l’aéroport mais une vue aérienne sur une immensité de jungle qui semblait n’en jamais finir, à travers des routes sinueuses entre les montagnes, avec coucher de soleil en prime. Luxe. Un poste frontière sépare un paysage identique en deux pays, et pour moi la jungle d’après n’a rien à voir avec celle que je viens de quitter.

Parce que la beauté des premières fois découlent du fait qu’elles ne se reproduisent pas, celle-ci avait la particularité de se dérouler dans un décor idyllique. Trouver les mots pour retranscrire l’intensité de cet instant me paraît mission impossible, car pour cela il faudrait que vous soyiez moi. Alors je me contenterai de vous dire que j’ai savouré ce moment hors du temps, et que c’était puissant.

Direction Vietnam
Direction Vietnam

Je parle vietnamien, ou presque.

Une dizaine d’heures de bus, soit suffisamment de temps pour qu’un à un, mes compagnons de route intrigués – 25- 35 ans, Vietnamiens, travailleurs frontaliers ou de retour au pays pour les vacances pour la plupart – , me demandent de leur raconter mon histoire et ma présence parmi eux dans ce van. Je m’exécute et me rends alors compte que j’ai beau clamer que je parle vietnamien couramment, les choses se compliquent quand il s’agit de sortir de la conversation « maison – manger – aller à Carrefour ». Je galère à m’exprimer, à parler de choses que j’aimerais profondes mais qui peinent à l’être par manque de vocabulaire. J’ai l’impression de faire un bond de 5 ans en arrière lorsque je débarquais pour étudier en Argentine et qu’il me fallait assimiler une nouvelle langue. J’ai à chaque fois tous les bouts de la phrase sauf, évidemment, le mot-clé qui lui donnera un sens.

Ca annonce la couleur. Définitivement, je ne fais pas partie des leurs, je suis une Viet Kieu (nom donné aux Français d’origine vietnamienne). Toujours la même rengaine de ce cul entre deux chaises : pas totalement touriste, mais pas tout à fait des leurs.

Je n’ai pas encore passé la frontière que déjà je suis frustrée…Frustrée de ne pas pouvoir exprimer ce que je veux, de ne pouvoir leur montrer à quel point je suis heureuse de faire leur connaissance. C’est décidé, j’ai un mois pour progresser mon vietnamien afin de pouvoir nouer des contacts avec ce peuple, 1 mois pour donner un sens à ce voyage… et surtout à mes phrases.

Il n’empêche que j’ai beau tituber en vietnamien, c’est avec une bienveillance dont je me souviendrai qu’ils m’ont accompagné dans cette traversée, qu’ils ont baissé la musique karaoké-kitsh vietnamienne à deux pas de la frontière pour me laisser savourer l’instant, qu’ils ont glissé au douanier que je n’avais pas à payer de taxe supplémentaire car j’étais une « amie venue de loin» (c’est malheureusement souvent le sort souvent réservé aux étrangers traversant la frontière par voie terrestre), qu’ils m’ont applaudi une fois la frontière passée en s’exclamant « ça y est, tu y es!».

Poste-Frontière entre le Laos et le Vietnam
Poste-Frontière entre le Laos et le Vietnam avec mes compagnons de route

C’était un plaisir de te rencontrer cher Vietnam

Je reviendrai sur mes autres étapes vietnamiennes plus tard, mais pas demain, j’ai snorkelling.

Quoi qu’il en soit, un mois plus tard alors que mon visa arrivait à expiration et que je devais quitter le pays, il en résulte que j’avais enrichi mon vocabulaire vietnamien, trouvé du sens partout où j’avais envie d’en trouver et surtout, je pouvais enfin dire « je suis d’ici et je suis d’ailleurs ».

Jamais il n’aura été aussi bon d’avoir le cul entre deux chaises.

https://oliviaenmochila.wordpress.com/2015/06/24/good-morning-vietnam/

 

 

 

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