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Hoi An : on a aimé / on n’a pas aimé

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Hoi An : on a aimé / on n’a pas aimé

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Hoi An : on a aimé / on n’a pas aimé

VIETNAM – Au centre du pays, l’ancienne Faifo est une halte très appréciée par les voyageurs. Mignon centre-ville, ambiance détendue, plages à proximité, c’est vrai qu’Hoi An a de quoi plaire. Mais elle a aussi quelques côtés agaçants…

 

Vietnam, Hoi An, la plage

« L’expérience est une lanterne attachée dans notre dos, qui n’éclaire que le chemin parcouru. »
Confucius

« Combien avaient raison les Anciens qui n’avaient qu’un même dieu pour les marchands et les voleurs. »
Alexandre Dumas (fils)

ON A AIMÉ 

Le cœur de ville. Ravissant. Sur les berges de la rivière Thu Bon, il est inscrit au Patrimoine mondial de l’humanité pour avoir conservé les atours du port marchand typique de cette partie de l’Asie que fut Hoi An (appelée Faifo, à l’époque de la domination française) à partir du XVe siècle. « La ville est un reflet du mélange des cultures indigènes et étrangères (principalement chinoises et japonaises et, plus tardivement, européennes) qui a donné naissance à ce vestige unique », dit l’Unesco, dans son inventaire. Petites ruelles ombragées, charmantes maisons traditionnelles aux façades jaunes (844 bâtiments classés, au total), marché animé : on y a adoré notre balade quotidienne. À noter qu’un ticket d’entrée à 120 000 dongs (5,10 euros)  donne accès à cinq des vingt-deux maisons qui se visitent ; mais on n’a pas testé.

L’absence de circulation. Quel calme ! Dieu que ça fait du bien, surtout après le chaos bruyant et quasi unique au monde des rues d’Hanoï. Ici, pas de scooter qui peut déboucher de partout et à tout moment. De 8 h 30 à 11 heures et de 15 heures à 21 heures, aucun véhicule n’est autorisé à circuler dans le centre ancien. Pas même les vélos électriques ! S’y promener à pied, en dégustant une glace par exemple (5000 dongs, soit 20 centimes, les mini sorbets cocos artisanaux) est un bonheur. A 21 h 30 pétantes (21 heures l’hiver), en revanche, retour des scooters…

Le pont japonais. C’est le monument le plus connu de la ville. Il orne d’ailleurs tous les billets de 20 000 dongs du Vietnam. Construit en 1593 pour relier les quartiers chinois et japonais (d’où son nom), il est « gardé » de part et d’autre par deux statues : celle d’un singe, qui correspond à l’année de début de sa construction, et celle d’un chien, l’année de son ouverture. Attention, à certaines heures, la traversée est payante. La nuit, ce pont couvert se pare d’un éclairage qui change de couleur. Histoire de ne pas dépareiller avec le reste de la ville…

Vietnam, Hoi An, pont japonais

Les lanternes. Hoi An se visite de nuit. Pour le marché aux lanternes installé chaque soir sur la rive sud (oui, on a craqué, on a acheté un petit lampion en osier, pour quand on aura une maison). Mais pas seulement : toute la ville se met au diapason ; les lanternes ornent les façades des maisons et flottent aussi sur la rivière Thu Bon. Moyennant un dollar, de vieilles dames vous proposent d’en déposer une au fil de l’eau. N’oubliez pas de faire un vœu.

Notre hôtel. Attention, bon plan. L’établissement nous avait été conseillé par deux Français rencontrés à HuéL’hôtel Grassland n’est pas situé dans la vieille ville et c’est tant mieux. Il est en peu en retrait de l’animation et du flot touristique. Il est surtout installé sur la route de la plage An Bang (à trois kilomètres). Et comme l’établissement prête des vélos gratuitement (sinon, la location, c’est 15 000 dongs, 65 cents, par jour), c’est parfait pour se rendre au centre-ville (1,5 km environ) ou sur le sable à volonté. Les chambres sont grandes, propres, le wifi OK et la piscine est très agréable. Ah oui, parce qu’il y a une piscine !  Prix de la double (sans négociation, c’était impossible) : 262 000 dongs, 11,15 euros. On y passé cinq nuits : cinq nuits au même endroit, c’est notre record.

Les spécialités locales. D’abord, il y a le Cao Lau. Servi uniquement à Hoi An. Il est à toutes les cartes, de la Vietnam, Hoi An, Cao Laumoindre gargote au meilleur resto de la ville (enfin, nous, on s’est contenté des gargotes, comme d’hab). Nouilles, porc, soja et légumes verts, avec une petite sauce qui varie selon les recettes. Inégal selon les adresses, mais toujours bon. Et pas cher : de 35 000 dongs (1,50 euros) au marché et dans les « bouis-bouis » ;  jusqu’à 20 000 dongs  (85 centimes) en négociant en groupe (oui, tout se négocie au Vietnam, même quand les prix sont affichés, on y reviendra dans un prochain article).
Ensuite, il y a le Mi Quang, l’autre grande spécialité locale (nouilles avec du porc, généralement, des crevettes, des oignons frits) servie là-aussi presque partout. Parmi nous six (ah oui, parce qu’avec Aude et Pablo, on a retrouvé Stéphane et Romain à Hoi An), c’est ce plat qui a remporté les suffrages. Le prix est le même que le Cao Lau.
Enfin, goûtez aussi aux white roses, raviolis vapeurs garnis de crevette ou de porc. Bon, mais souvent peu copieux.

La concurrence entre les bars. Ils sont prêts à tout pour attirer des clients. Pot d’accueil dès l’arrivée : (faux) whisky ou (faux) rhum coca. Happy hour… à toutes les heures : une bière offerte pour une achetée, ça compense le prix élevé à la base. Pour 200 000 dongs (8,50 euros) certains bistrots proposent même des formules all you can drink. Risqué. La plupart des bars ont aussi plein de jeux pour leurs clients (billard, consoles, cartes, jeux de société, etc.). Nous, on a trouvé plusieurs troquets qui disposent d’un Jenga (le jeu de construction avec des planchettes de bois) géant. Eh bien ça nous a fait deux soirées ! Et dès notre retour en France, c’est sûr, on va demander à un menuisier de nous en faire un !

LE TRAJET DEPUIS HUÉ : EN VOITURE PRIVÉE, S’IL VOUS PLAÎT 
De l’intérêt de voyager à plusieurs. On partage beaucoup, y compris les frais. Avec Aude et Pablo, pour rallier Hoi An depuis Hué, nous nous sommes offerts… une voiture privée avec chauffeur. Non mais. Oui, il existe des bus qui effectuent le trajet (environ 100 000 dongs le billet, 4,25 euros, 4 heures). Mais ils coupent par un tunnel (ouvert depuis 10 ans) et évitent la route côtière entre les deux villes, qui seraient la plus belle du Vietnam.
Nous, on a pris le chemin buissonnier. Arrêt devant un petit village de pêcheur, sur la magnifique plage de Lang Co (avec une pause baignade pour Pablo), col des nuages et panorama, descente sur Danang, où les Américains avaient installé leur base durant la guerre, visite des Marbles mountains (15 000 dongs, 64 centimes l’entrée), qui valent vraiment le détour. Coût total de la balade : 1,1 millions de dongs (47 euros), soit 11,75 euros par personne. Tout aurait été parfait sans un contrôle de police qui a duré une bonne demi-heure et a fort perturbé notre chauffeur, à qui il manquait visiblement un document. Que lui est-il arrivé après qu’il nous a posé? Mystère.

 

ON N’A PAS AIMÉ

L’ambiance « marchande » de la ville. Il y aurait 400 boutiques de tailleurs à Hoi An. La ville est – aussi – réputée Vietnam, Hoi An, sneakerspour ça. Les prix y défient toute concurrence. Beaucoup de voyageurs en profitent pour en rapporter costume ou robe sur-mesure. Fabriqués en une journée chrono, s’il vous plaît. Vous pouvez aussi commander des modèles parfaitement personnalisées, ou des contrefaçons de celui de vos rêves, c’est selon. Tout est possible : pour vos baskets, vous hésitez entre Nike et Lacoste ? Prenez les deux. A la fois.
Le souci, c’est du moins ce qu’on a ressenti, c’est que l’atmosphère de toute la ville est très « commerçante », dans le mauvais sens du terme. Face aux flux de touristes, beaucoup de locaux ont une attitude uniquement intéressés. A la plage, par exemple, on essaiera de vous faire payer le parking… pour votre vélo. Ca va pas non ? C’est pas grave, madame, on va les garer juste 100 mètres plus loin. Et les marchands, quand ils ne tentent pas de vous escroquer, ne sont pas forcément très aimables…

Le comportement de certains commerçants. On y revient. Marchander au Vietnam est un sport national, qui se pratique partout et à tout moment. Ca tombe bien, on aime bien ça. Discuter avec un vendeur, plaisanter, prendre le temps de trouver le juste prix, celui qui permet, à lui, de vendre à (suffisamment de) profit et à vous d’acheter sans avoir le sentiment de vous être fait pigeonner. Le tout, si possible, avec le sourire. Le hic, c’est qu’à Hoi An, de notre expérience, les négos se terminent rarement bien. Soit vous avez réussi à obtenir un bon prix et le commerçant vend, mais fait ouvertement la gueule, soit vous avez payé le prix fort et vous partez avec le désagréable sentiment de vous être fait avoir, soit il refuse de discuter et l’affaire ne se conclue pas. On vous annonce parfois dix fois, voire plus, le prix que ça coûte réellement. Vous avez beau connaître le tarif exact d’un produit, vous l’avez même déjà acheté, la veille encore, à ce prix-là, mais non, le gars en face de vous ne veut pas en démordre. Presque, il se fâcherait et vous chasse de sa boutique. Ok pour payer un peu plus que les locaux, ça fait partie du jeu. Mais pas dix fois plus ! Enfin, si les vendeurs tentent le coup, c’est que certains touristes doivent casquer…

Le flot de touristes. Au Vietnam, c’est le seul endroit où nous avons éprouvé ce sentiment : celui d’être réellement pris dans une nasse de touristes. Oui, la ville d’Hoi An est agréable, et ça se sait : le soir, dans les rues du centre-ville, piétinement garanti derrière des hordes de badauds. 

La panne de courant. Une coupure électrique pour cause de travaux, ça arrive. Qu’elle dure toute une journée aussi. Que ça tombe un dimanche, pourquoi pas. Qu’on ne nous ait pas prévenus alors que ça concerne toute la ville, mouais. Mais un jour où il pleut non stop toute la journée et où vous êtes bloqués à l’hôtel… Grrrr

MY SON : LE « PETIT » ANGKOR 
Rien à voir, bien sûr, avec l’incroyable ensemble de temples cambodgien. Mais le Vietnam s’enorgueillit de posséder son « petit Angkor », avec le sanctuaire de My Son (prononcez mi sonne), à 35 kilomètres de Hoi An. Bien sûr, si vous êtes passés par Angkor, vous pouvez vous évitez la visite : pour nous, ce n’était pas encore le cas alors on est parti à la découverte du site, par une sortie organisée, aller en bus, retour en bateau, maigre repas compris (110 000 dongs, 4,7 euros par personne après féroce négociation, à six). Avantage : le guide, sorte de sosie du chanteur du Gangnam style, lunaire, déluré et passionnant. Inconvénient : le côté « troupeau », parfois difficile à dépasser.
Comme les temples d’Angkor, les tours sanctuaires de My Son, bâties entre le VIIe et le XIIIe siècle, sont liées à l’hindouisme indien. Découvert tardivement,au XIXe siècle par un explorateur français, les temples ont hélas été en grande partie détruits par les bombardements américains.

 

 

 

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