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Des milliers de clichés oubliés de la guerre du Vietnam resurgissent

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Des milliers de clichés oubliés de la guerre du Vietnam resurgissent

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Redécouvertes par hasard, les archives photos de Charlie Haughey, militaire durant la Guerre du Vietnam, ressurgissent. Exposées à Portland, les archives d’une grande qualité, sont aujourd’hui en passe d’être éditées grâce à une campagne de crowdfunding

 

Charlie Haughey était ébéniste avant de prendre sa retraite. Il passe encore du temps dans son petit atelier de Portland, en Oregon. Il taille du bois pour en faire de petits objets. Un passe temps qui le relaxe. Charlie rit : “Cet atelier est aussi étroit et encombré que ma petite tête”.

Avant d’être ébéniste le retraité était aussi photographe. Une passion qui lui a permis de vivre la guerre du Vietnam derrière un objectif plutôt que d’un viseur de fusil. L’artiste avait laissé la plupart des négatifs dormir dans un carton, avant de les sortir de l’oubli plus de 40 ans après. Une histoire qui n’est pas rappeler celle de Vivian Maier.

Devenir photographe de guerre

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A gauche : Pierre Tissot, documentariste français qui a grandi au Vietnam. A droite : un jeune vietnamien. Le photographe a pris beaucoup de clichés de ces civils rencontrés aux détours de la guerre (© Charlie Haughey)

Charlie Haughey arrive au Vietnam le 17 mars 1968. Il est envoyé combattre à Dau Tiang, dans la 25ème division d’infanterie. Après quelques mois de combats, le commandant de la compagnie Alpha se rapproche de lui en hurlant son nom et le convoque pour un entretien immédiat.

Le militaire en face de lui épluche ses dossiers, l’interroge sur son expérience en photographie, et veut en savoir plus sur ce qu’il sait faire dans le journalisme. Charlie se souvient encore très bien de cet entretien : “C’était tout de suite assez clair qu’ils m’avaient convoqué pour autre chose que combattre dans les rizières et parcourir la jungle pour faire la guerre”. Le soldat en profite pour mentir un peu sur son CV, “surtout par rapport à mes expériences en journalisme”.

“Vous pouvez faire tout ce que vous voulez au Vietnam”

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Un enfant vietnamien dépose des informations aux soldats du Viet Cong (© Charlie Haughey)

Le jeune homme est transféré dans la zone de Cu-Chi, au nord de Saigon, l’ancêtre d’Hô-Chi-Minh-Ville. Le colonel qui s’occupe de lui tente de le mettre à l’aise et lui explique sa future fonction : “Vous n’êtes pas un photographe de combat. Votre travail a une dimension morale.” Sa nouvelle mission : faire exister les visages et les noms des soldats dans les journaux et les magazines lus par d’autres Américains. Montrer qui sont ceux qui se battent au Vietnam. Le colonel tente de le mettre à l’aise : “Vous pouvez faire tout ce que vous voulez au Vietnam. Je vous soutiendrai.”

Haughey commence à vivre la guerre autrement. Avec des appareils photos et un carnet de notes, il a enfin l’impression d’être utile. Son regard ne perçoit plus les combats de la même manière. Il a peur pour ses camarades mais plus pour lui même, comme s’il n’était pas vraiment là, au milieu des tirs de balles : “Je me souviens d’avoir complètement oublié que j’étais dans la même situation que les autres soldats.”  Mais rien en revanche de cette guerre étrange, 45 ans plus tard.

“Je tremble encore quand je me replonge dans ces images de très jeunes gens en train de se taper tout ce sale boulot à l’autre bout du monde.” L’ancien soldat dit avoir encore du mal à comprendre les sensations qu’il a pu ressentir dans le feu de l’action : “D’une certaine manière, la plupart du temps je me sentais plutôt bien. Comme si je n’étais là que pour prendre des photos.”

“Je faisais toujours attention à mes ‘trucs du Vietnam’”

Soldats américains (© Charlie Haughey)

Soldats américains (© Charlie Haughey)

Charlie Haughey rentre aux Etats Unis le 9 mai 1969. Il essaye de continuer à travailler dans la photographie et le journalisme, mais rien ne passe comme prévu. Il raccroche. “J’ai recommencé à gagner de l’argent en faisant ce que j’avais appris à faire toute ma vie : l’ébénisterie”.

Le vétéran garde ses négatifs de guerre, mais ne les développe pas : 95% d’entre eux sont restés en l’état. Rangées dans une boîte à chaussures au fond d’un tiroir. L’ancien photographe ne les laisse pas dépérir pour autant. Il les protège du temps, sans vraiment savoir pourquoi : “Je faisais attention à ce qu’elles restent dans le noir, au sec, et à température constante.” Charlie déménage plusieurs fois. Peu importe : “Je faisais toujours attention à mes ‘trucs du Vietnam’”.

En 2011 Haughey rencontre Kris Regentin alors qu’il bricole sa moto pas très loin de son atelier. Kris est photographe et lui demande s’il peut prendre des clichés des pièces de bois qu’il fabrique. L’ancien photographe glisse à Kris l’existence des négatifs : “Il m’a un peu harcelé pour que je le laisse en numériser une vingtaine.” Le retraité accepte, et avoue que des milliers d’autres photos dorment encore dans un coin.

“Tout est devenu calme quand les photos sont apparues”

(© Charlie Haughey)

Le vétéran ne veut pas que ces souvenirs lui échappent. Kris finit pourtant par le convaincre de montrer son talent ailleurs. Le jeune photographe organise une petite projection à Portland. “Tout est devenu calme quand les photos sont apparues”, se souvient-il. “J’ai reconnu des visages, les avions. Tout, de la poussière à la boue. Les haies de bamboo, les rizières. Et même les voix de ces Vietnamiens en train de chanter. Je me suis également souvenu des tirs de mortier, l’odeur du diesel. Celle du napalm m’a percutée à nouveau”.

“On connaît tous des camarades dont le nom est gravé sur le mur du mémorial à Washington”

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Un soldat américain lit son courrier (© Charlie Haughey)

Quelques professionnels s’accordent à reconnaitre son talent. une grosse exposition à Portland se met en branle. 750 personnes dont de nombreux vétérans du Vietnam viennent au vernissage : “C’était avec eux que c’était le plus difficile de parler. On connaît tous des camarades dont le nom est gravé sur le mur du mémorial à Washington.” Un ancien soldat du 25ème bataillon d’infanterie est venu, et s’est étonné de l’impact qu’avaient eu les photos de Haughey sur lui : “Avant de venir je pensais que j’aurais des millions de questions à poser. Mais je n’en avais plus. Tout y est. Tout est là.” Trois autres soldats ont été identifiés sur ses clichés. Terrence Eggen, l’un d’entre eux est venu du Montana jusqu’à Portland avec toute sa famille pour rencontrer Haughey.

L’équipe de bénévoles qui s’est chargé de révéler l’œuvre du vétéran travaille à présent à éditer un album de 115 photos. Ils viennent de lancer une levée de fond sur internet. Pourtant l’ancien photographe tente de rester en retrait : “J’ai décidé d’aider l’équipe comme je le pouvais, mais de n’en tirer absolument aucun bénéfices.”

http://www.lesinrocks.com/2014/12/17/actualite/des-milliers-de-cliches-oublies-de-la-guerre-du-vietnam-ressurgissent-11541801/

 


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